07/11/2012

éthylo... hic

Fin octobre, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, a fait savoir qu’il reportait au 1er mars prochain, la mise en application des sanctions (une amende de 11 euros) pour “défaut d’éthylotest” dans les véhicules à moteur. Un report officiellement justifié par les difficultés actuelles pour l’entreprise Contralco de Gignac dans l’Hérault de fournir les 76 millions d’éthylotests (38 millions de voitures multipliées par deux puisqu’il en faut deux: l’un pour souffler, l’autre pour ne pas être en tort en cas de contrôle). Pourtant cette société aurait dû anticiper puisqu’elle est seule sur le marché français à produire des éthylotests jetables à la norme NF (le seul autre ayant la norme NF est fabriqué en Afrique du Sud et importé par la société Pélimex) et, surtout, qu’elle est à l’origine du lobbying ayant abouti au “décret présidentiel” signé peu avant les dernières élections présidentielles. Un lobbying mené par l’association I-Test dont le président est... “chargé de mission chez Contralco” et relayé par un député héraultais qui a opportunément posé une question au gouvernement demandant de rendre obligatoire les éthylotests.
Aujourd’hui même la présidente de la Ligue contre la violence routière parle d’un décret “absurde” et réclame son abrogation. Chantal Perrichon explique que “Les principaux utilisateurs de ces éthylotests chimiques seront les conducteurs de bonne foi, alors que la population des consommateurs d’alcool visée par ces tests ne les utilisera pas ou dans de mauvaises conditions”.
De son côté Christiane Bayard, secrétaire générale de la ligue de Défense des conducteurs a ouvert une pétition en ligne pour obtenir l’abrogation d’un décrêt qu’elle juge “scélérat”. Vous pouvez la signer en ligne (www.liguedesconducteurs.org).
Manuel Valls indique qu’il veut “mettre à profit” ce délai (le report des sanctions au mois de mars) pour “évaluer l’intérêt de ce dispositif”.
Il a déjà un bon début de réponse.

Les commentaires sont fermés.